h1

Panache et panachage

16 octobre 2008

On les appelle les « petits » élus. Les élus de campagne.

Ils forment l’écrasante majorité des représentants politiques. Les territoires qu’ils administrent couvrent la majeure partie de la métropole, comme de l’outre-mer. Ils sont le régal de la presse quotidienne régionale, mais franchement incompris par les médias nationaux. Bien sûr, le décalage d’échelle est difficile à traiter, mais fondamentalement il y a surtout une méconnaissance de leurs réalités. En un mot, on les néglige. Et si, par le truchement d’une actualité jugée « insolite » ou « de terroir », on met en avant un maire rural innovateur ou provocant, jamais on ne s’intéresse aux conseillers municipaux. Et pourquoi pas des sous-préfets dans la Nouvelle star ?

Et pourtant, la politique aux champs en est un vaste, champ, d’expérimentations citoyennes. C’est là où les moyens manquent, mais pas les enjeux, où l’ingénierie est réduite, mais pas l’ingéniosité.

L’exemple du mode de scrutin est intéressant. On le juge un peu rapidement archaïque, vu de la ville, avec son panachage folklorique, ses rayures et ses bavures. Mais il pose aussi des questions justes : ne peut-on voter que pour les seuls candidats déclarés ? Est-ce aux équipes en concurrence de fixer et figer l’ordre des élus ?

Les élus ruraux posent aussi avec force la question du statut de l’élu, ses compétences, son rôle dans la société.

Une chose est sûre : alors que l’État fuit, jambes à son cou, les territoires, et entraîne en cascade toutes les aides publiques ; alors que les territoires ruraux connaissent des dynamiques très inégalitaires, positives près des agglomérations et plus difficile loin des centres urbains ; alors que les services publics se rétractent quasiment d’heure en heure, les élus ruraux doivent être conscients d’une évidence : leur premier et naturel atout, c’est leur capacité à mobiliser, non plus les financements extérieurs, mais leur population. La démocratie participative, bien au delà de la simple interconnaissance villageoise, qui est allée longtemps de pair avec la figure de l’élu paternaliste, est leur voie de sortie dans un horizon communal qui se rétrécie d’année en année.

Non ?

Publicités

One comment

  1. Votre pertinant commentaire englobe differentes problèmatiques de forme, mais qui sont issues d’une seule problématique de fond, en effet, les législateurs de 2008 et bien avant naturellement n’ont toujours pas choisi entre les « girondins » et les « montagnards », si bien qu’au niveau local cohabitent plusieurs niveaux de décentralisation et de centralisation, donc d’autonomie et de statuts des élus locaux.



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :