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Allons zenfants…

23 mai 2007

Ce billet a pour but de poursuivre le débat sur le dossier “Participation des enfants : comment aller au-delà du pédagogique ? » dans la revue Territoires n° 479, juin 2007.

Quand on se penche sur les dispositifs de participation réservés aux enfants et aux jeunes, deux choses frappent. D’abord un sentiment diffus que la « vraie » vie ne commence qu’à dix-huit ans, avec l’avènement du statut d’électeur : avant, l’enfant n’aurait comme besoin principal, voire unique, que d’être éduqué.

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La seconde est la similitude, en bien des points, entre les dispositifs de participation des adultes et ceux des enfants : les exemples, que nous avons développer dans le dernier numéro de Territoires, de Saumur, Québec ou d’Italie (communes de Mordano et Cologno Monzese) nous montrent que, même quand ils sont pensés comme n’étant que consultatifs, la force des projets enfantins arrive à forcer la décision. Ou encore, on note avec Emmanuelle Gillet Lorenzi, spécialiste du droit de l’urbanisme à l’Institut d’aménagement du territoire et de l’environnement de l’université de Reims (Iateur), que le dispositif doit être méthodologiquement déterminé et « bordé » à l’avance pour que la limite de la participation des enfants ne soit pas son instrumentalisation. S’ajoute à cela que ceux qui y goûtent en redemandent, alors que les élus ont souvent peur d’ouvrir trop d’espaces aux enfants.

Alors, enfants, adultes, mêmes combats ?

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6 commentaires

  1. Enseignante prématurément à la retraite, mon expérience (sur la durée) de la prise en compte des propositions, des réflexions et des avis des enfants, à travers des conseils coopératifs hétérogènes, m’a permis de constater que même les plus jeunes enfants sont demandeurs de ce type de consultation et y participent pleinement. J’aurais des quantités d’exemples à vous donner de réalisations, dans l’école et dans la petite commune où j’exerçais, qui ont été initiées et accompagnées par des enfants vigilants!
    Je crois d’autant plus à l’intérêt de cette participation qu’elle se doit d’être loyale et reposant sur une confiance réciproque entre adultes et enfants.
    Il ne s’agit pas de céder aux effets de mode ( j’ai mis des dispositifs en place dans ma classe il y a plus de 15 ans)ou à un semblant d' »écoute » de circonstance…Aujourd’hui, c’est avec une certaine reconnaissance que je retrouve des anciens élèves très actifs dans la vie sociale ( associative, politique, économique..) et qu’il nous arrive de coopérer dans des projets municipaux. Au delà du pédagogique, ces prises de responsabilités sociales ont fait germer des envies de s’approprier la vie publique, sans complexes et sans ambition excessive, le plus naturellement du monde.
    J’ai pourtant des réserves, pour avoir participer, au niveau départemental, à des conseils de jeunes, sur les objectifs des adultes avec lesquels ils sont en relation de travail. J’y pressens un parfum de démagogie et de complaisance. Je crains que ce ne soit le cas trop souvent. Lorsque les adultes eux-mêmes ont du mal à définir leur place, qu’ils perdent de vue leur fonction…comment peuvent-ils accorder aux plus jeunes la confiance et les repères dont ils ont besoin pour s’intégrer à un groupe ?
    Merci de votre engagement.
    Monique


  2. Repenser la pédagogie autrement en associant les enfants au projet éducatif et à la vie de la classe pose la question de la démocratie participative au coeur de l’Ecole. C’est parce que nous formons les enfants à la participation que nous leur apprenons le bien vivre ensemble et la coopération. En fait, il s’agit bien d’oeuvrer à la formation des citoyens de demain. Plus et mieux impliquer, les enfants devenus adultes seront plus exigeants vis-à-vis de l’entreprise et de la sphère politique au sens large ; Plus et mieux impliquer, ils relayeront à leur tour les valeurs de solidarité, d’entraide et d’échange apprises favorisant ainsi l’émergence (ou la continuité suivant les territoires) d’une société plus humaine et plus juste. Cela pose toutefois la question du pouvoir de l’adulte sur l’enfant. C’est parce que l’adulte s’est approprié la démarche participative dans sa vie sociale et professionnelle, qu’il a bien compris qu’il a plus à y gagner qu’à y perdre, qu’il peut, sans crainte, faire confiance à l’autre. Au-delà de l’Ecole, il faut également privilégier et soutenir les initiatives publiques ou de la société civile : conseil municipal des enfants, junior association par exemple. Pour que ces démarches ne soient pas purement démagogiques, il y lieu de veiller au bon respect des 5 étapes de la démocratie participative : information, consultation, concertation, implication et évaluation. Ce sont les adultes déjà impliqués dans cette démarche qui doivent être les garants de la bonne application des règles, sans réserve et avec conviction.
    Merci d’être des passeurs d’espoir.
    Nelly


  3. Bonjour, C’est parce que nous croyons que les enfants peuvent changer les choses, que nous avons créer Sept autour du monde, le magazine de l’écologie et du voyage pour les 10-15 ans. Il est en kioque depuis janvier, nous en sommes au numéro trois. C’est à cet âge que l’on vit ses premières aventures : nuit à la belle étoile dans un champs voisin, colonie vacances, voyages scolaires, en famille…
    Cette génération est naturellement sensible à la préservation de son environnement ; il ne faut qu’un coup de pousse pour en faire des éco-citoyens.
    Je serais ravie de vous expliquer cela plus longuement. Peut-être est-ce un sujet intéressant pour vos lecteurs ? N’éhsitez pas à me contacter à la rédaction.
    Mathilde Bréchet, rédactrice en chef


  4. Je trouve la participation et l’implication des enfants dans les décisions concernant leur école, leur quartier, leur ville et même plus loin très intéressantes pour eux comme pour les adultes.

    Ils sont riches de leur témoignage d’enfant et de leur vision de ce qui les entoure.
    Etant parent déléguée, à chaque conseil d’école Elémentaire auquel j’assiste, je suis surprise de la clairvoyance des demandes du conseil des enfants. Pas de caprices ni de demandes farfelues et puériles, non, des choses importantes, qu’ils savent nous expliquer et parfois même y trouvent des solutions auxquelles nous ne pensons pas !

    Mais dans notre commune, ils ne sont malheureusement pas forcément pris au sérieux par le Maire et quel dommage…

    Je ne suis pas sûre que mon commentaire sera très utile mais je voulais exprimer mon ressenti vis-à-vis de la pârticipation des enfants qui me semble très très utile.

    iki


  5. Bonjour Iki

    Tous les témoignages sont utiles, surtout sur un sujet comme celui-ci où, il est bien vrai, beaucoup d’adultes doutent encore des capacités des enfants à participer constructivement à un débat ou à un projet.

    Merci pour le votre !

    Nicolas Leblanc


  6. Il faut aller voir du côté des pédagogies dites « actives » qui prennent en compte l’enfant comme une ressource et qui lui donnent une véritable place au sein de la pédagogie et de l’action scolaire. Pourtant, en écoutant monsieur Darcos, ministre de l’éducation nationale, on peut s’inquiéter pour l’avenir de l’école de la République. Demain, quelle sera la place de l’enfant à l’école? Il est temps de s’interroger sur l’école que l’on veut pour notre société.



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