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Paris de quartier

18 avril 2007

Ce billet a pour but de poursuivre le débat sur l’article “Paris, des conseils de quartier toujours en quête de représentativité” dans Territoires n° 477, avril 2007.

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121 conseils de quartier. Voilà un bel échantillon de recherche ! Paris est couvert par 121 conseils de quartier, dans tous les arrondissements. Certains existent depuis 1995 (dans le 20e) et 1996 (dans le 19e), les autres ont été mis en place entre mai 2001 et septembre 2002, après l’arrivée de Bertrand Delanoë à la mairie et à l’époque de la loi Vaillant sur la démocratie de proximité.

On sait que les quartiers parisiens sont multiples, des plus populaires aux plus bourgeois, avec ou sans activité industrielle, avec plus ou moins de commerces. Certains sont vraiment mixtes, socialement, en termes de générations, d’autres sont plus homogènes. Bref, c’est vraiment intéressant de voir comment tournent ces 121 lieux de participations, aux fonctionnements divers selon les arrondissements (par exemple très souple dans le 10e ou très formalisé dans le 20e), comment ils sont ressentis par ceux qui les vivent, comment on peut évaluer leur impact sur la vie quotidienne des parisiens…

Premier pas dans ce sens : la mairie de Paris a rendu public lors du 5e printemps de la démocratie locale une enquête réalisée auprès de 20 % des conseillers de quartier de la capitale. Qu’apprend-on à cette occasion ?

D’abord que la bataille de l’élargissement des publics présents dans les instances de participation de proximité n’est pas gagnée : 38 % de retraités contre 3 % de moins de 30 ans (alors que les 15-29 ans représentent 23 % de la population parisienne), un tiers des conseillers qui sont cadres ou de profession intellectuelle supérieure contre 1 % d’ouvriers… Même si on dit et on répète que la légitimité des conseils de quartier ne repose pas sur leur représentativité de la population, on a encore trop l’impression que la mise à l’écart (on ne parle ici que de mise à l’écart non intentionnelle) de certaines composantes sociales (jeunes, ouvriers, femmes seules, mais aussi locataires, doubles actifs, etc.) est, cahin-caha, acceptée comme inéluctable. On fait contre mauvaise fortune bon cœur, on laisse filer parce qu’aller à contre courant coûterait trop d’énergie. Or, c’est une grande, une immense perte : pour les conseils de quartier eux-mêmes, qui peinent à travailler efficacement sur le vivre ensemble alors que les conseillers n’expérimentent pas la mixité au sein de l’instance ; pour la démocratie participative de manière générale, qui est la cible idéale de tous ceux qui voudraient s’en passer et attaquent à la fois son manque d’impact sur les publics les plus fragiles et sa représentativité hypothétique.

Il est donc aujourd’hui indispensable pour donner un second souffle à de nombreux conseils de quartier, créés en 2002-2003, qui renouvellent leurs membres, de prendre au sérieux la question des publics touchés, en termes d’ « accessibilité » (rendre possible la participation en levant des barrières temporelles, de mobilité, sociales, etc.) mais aussi d’ « offre » de participation : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, et l’élargissement des publics sera d’autant plus aisé que le conseil de quartier sera un lieu de réelle participation au changement local.

Ah, juste, quand même, j’oubliais : une majorité des conseillers de quartier parisien se disent, toujours selon la même étude, satisfaits du fonctionnement de ces instances. Même si on y réfléchit, c’est une bonne nouvelle.

Et vous, vos conseils de quartier, vous les voyez comment ?

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2 commentaires

  1. Je me suis déplacée à plusieurs réunions de mon conseil de quartier (18e Clignancourt-Jules Joffrin) lorsque celui-ci en était à ses débuts, en 2003-2004. Mais je me suis vite lassée du discours technocratique (qui ne semblait pas convaincre grand monde dans l’auditoire) de notre élue chargée de la vie démocratique locale. Finalement, lorsqu’on n’est pas élu, on a assez peu d’iformations sur les actions réalisées. Ceux qui sont dedans sont contents, ceux qui sont en dehors sont vite coupés du conseil finalement…


  2. L’étude dont il est question sur les conseils de quartier parisiens est désormai disponibles à l’adresse suivante :
    http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=29235



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